DOSSIER: Le réveil d'Azusa Street.


À l'origine du mouvement Pentecôtiste en 1906, le réveil d'Azuza Street s'est caractérisé par une puissante manifestation du Saint-Esprit avec le signe évident du parler en langues accompagné de témoignages de guérisons miraculeuses. Il faut savoir qu'à l'époque, les baptistes qui représentaient le courant protestant majoritaire, ne croyaient pas à l'effusion du Saint-Esprit et centraient uniquement leur foi sur le fait que Christ est le chemin, la vérité et la vie.


Le pasteur afro-américain W. J. Seymour est sans conteste la figure pionnière de ce mouvement de réveil. Fils d'un esclave affranchi, Seymour avait en 1906 34 ans et était pasteur d'une petite église du Mouvement de Sanctification à Topeka, au Kansas. Il était lui-même élève du prédicateur de Topeka, Charles Parham, pasteur et théologien fondateur du pentecôtisme. Invité pour aller prêcher sur cette nouvelle doctrine en Californie, Seymour y arrive le 22 février 1906 et prêche à l'église de la pasteure Julia Hutchins, avenue Santa Fe, à Los Angeles. Il y enseigne que le premier signe du baptême du Saint-Esprit est le parler en langues et que Actes 2 pouvait encore se vivre de leur temps. Seymour n'est cependant pas réinvité le dimanche suivant, le conseil presbytéral ayant rejeté son enseignement car il n'avait lui-même pas encore expérimenté le baptême du Saint-Esprit.


Tous n'avaient cependant pas rejeté les enseignements de Seymour et c'est auprès d'un paroissien, Edward S.Lee, qu'il trouve refuge en logeant chez ce dernier. Le pasteur y tiendra des études bibliques et des réunions de prière.


Le baptême du Saint-Esprit (Rue North Bonnie Brae)


William J. Seymour

C'est dans la maison de Richard et Ruth Asberry au 216 North Bonnie Brae Street que tout commence. Un petit groupe multiracial s'y réunissait sous la direction de Seymour pour des cultes et priait pour le baptême du Saint-Esprit. C'est le 9 avril 1906, après cinq semaines de prêche et après trois jours de jeûne et prière, que Edward S.Lee parle en langues pour la première fois. Il est le premier de l'assemblée à être baptisé du Saint-Esprit. Très vite, ce sont six personnes qui se mettent à parler en langue, y compris la future épouse de Seymour, Jennie Moore. Enfin, c'est quelques jours plus tard, le 12 avril que Seymour est lui aussi baptisé du Saint-Esprit avec l'évidence du parlé en langues.


Très vite ce sont plusieurs curieux qui sont attirés par ce qui se passe au 216 North Bonnie Brae Street. Des foules y affluent, parlant en langues, criant, chantant et gémissant. Un résident du quartier a décrit ainsi les événements du 216 Nord Bonnie Brae : « Ils ont crié pendant trois jours et trois nuits. On était à Pâques. Des gens venaient de partout. Le lendemain matin, il n'y avait plus moyen de s'approcher de la maison. Lorsque les gens arrivaient, ils tombaient sous le contrôle de Dieu, et toute la ville en était troublée. Ils criaient jusqu'à ce que les fondations de la maison s'effondrent, mais personne ne s'était blessé".


Installation au 312 Azusa Street


Le porche de la maison du 216 North Bonnie Brae Street s'étant effondré à cause de la foule nombreuse qui y affluait, le groupe s'installe au 312 à Azusa Street dans une ancienne bâtisse qui abritait une église église épiscopale africaine. Dès la mi-mai 1960, ce sont entre 300 et 1500 personnes qui s'y réunissaient. Malgré les lois ségrégationnistes encore en vigueur, les cultes étaient multiraciaux et regroupaient hommes, femmes et enfants de tous les milieux.


Multiracial et acceptant la participation des femmes au leadership, le mouvement était singulièrement remarquable dans une Amérique encore ségrégationniste et qui n'avait pas encore octroyé le droit de vote aux femmes.


Caractéristiques du réveil



Le réveil d'Azusa Street était à la fois singulier et authentique, digne de l'église des premiers temps. Les cultes étaient fréquents et spontanés et presque de manière continue. Baptistes, mennonites, quakers et presbytériens y ont été très vite attirés. Voici ce qu'un observateur d'un des services de culte décrit : « Aucun instrument de musique n'est utilisé. Il n'y en a pas besoin. Pas de chœur - certains ont entendu les anges en esprit. Aucune affiche n'a été collée pour annoncer les réunions. Aucune organisation ecclésiale ne soutient le mouvement. Tous ceux qui sont en contact avec Dieu réalisent dès qu'ils entrent que c'est l'Esprit Saint qui dirige."


La presse n'est cependant pas tendre avec le mouvement. Voici ce qu'en a dit le Los Angeles Times:

« Les réunions se tiennent dans un abri délabré d'Azusa Street, et les dévots de cette étrange doctrine pratiquent les rites les plus fanatiques, prêchent les théories les plus folles et se mettent eux-mêmes dans un état d'excitation folle dans leur zèle très spécial. Des Afro-Américains et quelques Blancs composent la congrégation, et la nuit est rendue affreuse dans le voisinage par les hurlements des fidèles, qui passent des heures à se balancer dans une attitude nerveuse de prière et de supplication. Ils prétendent avoir le «don des langues» et être capables de comprendre les "Babel" ».


Certains témoins ont pu rapporter des cas d'aveugles ayant recouvré la vue, de maladie instantanément guéries, et d'immigrants parlant en allemand, yiddish ou espagnol, tout en étant traduits par des Afro-Américains non instruits qui s'adressaient à eux dans leur langue maternelle.


La louange était sporadique et souvent en a capella ou en langues. Les auditeurs observaient parfois de longs moments de silence, étaient tantôt prostrés et les membres lisaient à haute voix les témoignages qui étaient transmis par la poste. Plusieurs prières y étaient faites: pour le don des langues, des prières en langues pour les malades, pour les missionnaires ainsi que pour toute demande transmise par la poste.


La prédication consistait en une lecture biblique de Seymour et en des prises de parole spontanées des fidèles pour prêcher ou témoigner de ce qu'ils étaient conduits par le Saint-Esprit.


Les missionnaires


Des milliers de personnes sont venues voir d'elles-même ce qui se passait à Azusa Street afin de repartir avec l'intention d'évangéliser. Ainsi, le pasteur K. E. M. Spooner qui participa lui aussi au Réveil en 1909 était devenu l'un des missionnaires les plus efficaces de l’Église de la Sanctification de Pentecôte en Afrique, évangélisant le peuple Tswana du Botswana.


Un petit réveil a également été lancé à Calcutta par A. G. Garr et sa femme. Ils se rendirent ensuite à Hong-Kong et commencèrent à répandre le pentecôtisme en Chine.Un réseau d'églises protestantes déjà présent en Chine a pu leur prêter main forte dans ce travail.


Après avoir entendu dire que la prophétie d'Actes 2:4 s'était accomplie, le missionnaire Bernt Bernsten quitte la Chine pour s'enquérir du mouvement par lui même. De nombreux autres visiteurs partaient chaque mois d'Azusa Street pour porter le message dans toutes les régions du monde, cela en si grand nombre (38 missionnaires partirent rien qu'en octobre 1906) qu'en moins de deux ans le mouvement s'était étendu à plus de cinquante pays, dont le Royaume-Uni, les pays scandinaves, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Egypte, la Syrie, la Palestine, l'Afrique du sud, Hong Kong et la Chine continentale, Ceylan et l'Inde.


Étudier les différents mouvements de réveil nous aide à comprendre les différentes visitations de Dieu à son Église. Cela nous aide également à comprendre les différentes phases par lesquelles l'Église est passée pour posséder son héritage (dons spirituels et identité) passant du stade de l'enfance à une maturité toujours plus grande en vue du retour de Christ.

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